Joe Hill, in memoriam (Fausto Giudice)

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Joe Hill, fusillĂ© Ă  Salt Lake City pour un crime dont il Ă©tait innocent, est entrĂ© Ă  36 ans dans la galerie des hĂ©ros et martyrs de la classe ouvriĂšre mondiale. Il reste un exemple d’artiste rĂ©volutionnaire et de combattant des deux mondes. Fausto Giudice, qui fut figurant dans le film dĂ©diĂ© par Bo Widerberg Ă  Joe Hill en 1970, nous raconte sa vie palpitante, de la SuĂšde aux USA, et sa fin tragique.

Joan Baez, “Joe Hill” (Woodstock, 1969)

Version en bengalI de la chanson, par Amitesh Sarkar

  • The Glocal Workshop
  • Collection erga omnes n°1
  • 28 pages
  • Format : A5
  • Date de publication : 2/5/2022
  • ISBN ImprimĂ© 978-9938-862-31-7
  • ISBN Ebook 978-9938-862-37-9

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Joel Emmanuel HĂ€gglund alias Joe Hill, nĂ© en en SuĂšde en 1879, fusillĂ© Ă  Salt Lake City le 19 novembre 1915, laissa un message Ă  ses camarades de l’IWW, le syndicat de “l’autre mouvement ouvrier”, qui organisait les immigrĂ©s, les Noirs, les femmes, les laissĂ©s pour compte du syndicalisme dominant, blanc, masculin, qualifiĂ© :”Ne perdez pas de temps dans le deuil, organisez-vous !“. Auteur de chansons inoubliables (Casey Jones, Rebel Girl). Son testament :
Mon testament est facile à décider,
Car il n’y a rien Ă  diviser,
Ma famille n’a pas besoin de se plaindre et d’ergoter
« Pierre qui roule n’amasse pas mousse »
Mon corps ? Ah, si je pouvais choisir,

Je le laisserais se réduire en cendres,
Et les brises joyeuses souffler
Ma poussiĂšre lĂ  oĂč quelques fleurs pousseront.
Ainsi peut-ĂȘtre qu’une fleur fanĂ©e
Reviendrait Ă  la vie et fleurirait une nouvelle fois.
Ceci est ma derniÚre et ultime volonté, Bonne chance à tous, Joe Hill.

Version

Ebook, Papier

  1. GW

    5 questions à Fausto Giudice, auteur de « Joe Hill, in memoriam »
    Par Milena Rampoldi, 12/7/2022

    Comment as-tu découvert Joe Hill ?
    J’étais un jeune immigrĂ© dans la SuĂšde de la fin des annĂ©es 60. C’était les « annĂ©es dorĂ©es » de la social-dĂ©mocratie rĂ©gnante, qui dĂ©clarait toute dissidence comme « dĂ©viance », Ă  traiter par la psychiatrie. Je m’identifiais aux « damnĂ©s de la terre » et je trouvais la morale rĂ©gnante luthĂ©rienne d’une hypocrisie incomparable. Ceux qui disaient vouloir le bien du peuple avaient rĂ©Ă©crit l’histoire, effaçant « l’autre mouvement ouvrier », qui avait combattu le capital par des moyens tout sauf pacifiques. Joe Hill Ă©tait une figure lĂ©gendaire de cet « autre mouvement ouvrier ». En 1970, je me suis retrouvĂ© avec quelques centaines de marginaux comme figurant dans le film tournĂ© par Bo Widerberg sur Joe Hill, dans les quartiers sud de Stockholm. De lui je ne connaissais jusqu’alors que la chanson chantĂ©e par Joan Baez Ă  Woodstock. Joe Hill me disait que la classe ouvriĂšre suĂ©doise n’avait pas toujours Ă©tĂ© ce pachyderme pacifique de la reprĂ©sentation social-dĂ©mocrate. Et j’ai dĂ©couvert Anton Nilsson, « l’homme de l’Amalthea ». Ce travailleur de 21 ans avait, avec 2 camarades, posĂ© une bombe prĂšs d’un bateau appelĂ© Amalthea, amarrĂ© Ă  Malmö, qui hĂ©bergeait des briseurs de grĂšve britanniques importĂ©s par les patrons contre une grĂšve de dockers, en 1908. CondamnĂ© Ă  mort, Anton Nilsson a vu sa peine commuĂ©e en prison Ă  vie suite Ă  une campagne internationale, menĂ©e en particulier par les International Workers of the World, le syndicat oĂč Joe Hill militait aux USA.
    Que nous dit Joe Hill aujourd’hui ?
    Il nous dit essentiellement deux choses : 1- on peut organiser les plus exploitĂ©s, les plus opprimĂ©s d’une maniĂšre intelligente et efficace en adaptant les formes d’organisation Ă  la rĂ©alitĂ© sociale de ceux « d’en bas », les migrants, les femmes, les prĂ©caires, les non-qualifiĂ©s, ce que les IWW ont fait, en Ă©vitant toute forme de bureaucratie de type social-dĂ©mocrate. L’ « autre mouvement ouvrier », c’est ça, Ă  l’opposĂ© des appareils du genre DGB, AFL-CIO ou LO : un mouvement collant Ă  la rĂ©alitĂ© de la classe, qui est mobile, fluide, changeante. 2- on peut inventer des formes de communication populaires, crĂ©atives, percutantes et pleines d’humour. Les chansons de Joe Hill en sont un magnifique exemple.
    Y a-t-il des Joe Hill aujourd’hui ?
    Pas Ă  ma connaissance. Certain·es rappeur·es pourraient l‘ĂȘtre, s’ils choisissaient de chanter avec et pour les travailleur·ses qui s’organisent chez Amazon, McDonalds, Starbucks, Deliveroo, Uber et toutes les entreprises du « nouveau capitalisme », qui n’a de nouveau que ses formes.
    Qu’auraient fait Joe Hill et l’IWW aujourd’hui ?
    Ils auraient organisĂ© les « autres » travailleur·ses en marchant sur deux jambes : le contact physique et virtuel. C’est ce qui se passe en Chine par exemple, oĂč les jeunes travailleur·ses des usines-monde, n’ayant pas de syndicat pour les dĂ©fendre, utilisent les mĂ©dias sociaux pour revendiquer et s’organiser.
    Pourquoi la collection „Erga Omnes“?
    „Erga Omnes“, „Pour tous“, Ă©tait la devise des esclaves rĂ©voltĂ©s sous la direction de Spartacus qui mirent en danger la RĂ©publique romaine entre 73 et 71 av. J-C. Cette collection entend publier des livres sur des grandes figures, parfois oubliĂ©es, des rĂ©volte logiques Ă  travers les siĂšcles.

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