Il était une fois…l’Empire de l’Égalité (Antonio Beltrán Hernández)

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Je n’irais peut-être pas jusqu’à dire, comme Vladimir Poutine en 2005, que la chute de l’URSS a été la plus grande catastrophe géopolitique du siècle dernier, mais je suis d’accord avec la suite de sa phrase : pour le peuple russe, cela a représenté un véritable drame. C’était la fin d’un monde où peut-être tout n’était pas digne d’être balancé par-dessus bord, comme le montre encore Cuba, dont les niveaux de santé et d’éducation sont encore aujourd’hui, après l’effondrement du COMECON et la poursuite de l’embargo par les USA, les meilleurs en Amérique Latine.

  • L’Atelier Glocal
  • Collection Tezcatlipoca N°1
  • 64 pages
  • Format : A5
  • Date de publication : 2/5/2022
  • ISBN Papier 978-9938-862-13-3
  • ISBN Ebook 978-9938-862-36-2

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Il y a déjà bien longtemps, pendant les dernières années de l’Union Soviétique, aux temps paradoxaux de la perestroïka, une boutade russe disait que quand le futur est incertain, le passé devient imprévisible.  Quelques années plus tard, l’horrible monstre soviétique s’est gentiment autodissous et l’on a vraiment cru qu’on était arrivé à la fin de l’Histoire annoncée par Francis Fukuyama : le futur était devenu clair comme le ciel de La Havane par un jour clair, et le passé était encore plus limpide, prévisible.
Il se peut bien, nous assurait le professeur Fukuyama, que ce à quoi nous assistons, ce ne soit pas seulement la fin de la Guerre Froide ou d’une phase particulière de l’Après-guerre, mais à la fin de l’Histoire en tant que telle : le point final de l’évolution idéologique de l’Humanité et l’universalisation de la Démocratie libérale occidentale comme forme finale de gouvernement humain.
Tout allait pour le mieux (et cette fois c’était la bonne) dans le meilleur des mondes possibles.
Et soudain, patatras !, le ciel nous est tombé sur la tête : la Démocratie libérale occidentale est tombée sérieusement en panne…
Et pour recoller les morceaux, on a eu recours aux mêmes outils qui ont provoqué l’effondrement, car on n’en connaît plus d’autres.
Et pourtant…
Nous savons qu’il était une fois un univers parallèle redoutable comme une bombe thermonucléaire, formidable comme une fusée interplanétaire, complexe comme un sous-marin atomique, un univers dont l’économie n’était pas régie par l’Organisation Mondiale du Commerce mais par le Conseil d’Aide Économique Mutuelle, un antiunivers qui nous faisait une peur bleue mais qui a abandonné entre un cinquième et un quart de son territoire et 100 millions d’habitants sur 250 pour nous faire plaisir sans que personne ne lui demande quoi que ce soit —fait qui laisse perplexes même les plus grands spécialistes comme Hélène Carrère d’Encausse.
Le mystère de cette désintégration ne pourra peut-être jamais être percé, car le passé est redevenu imprévisible puisque le futur est de nouveau incertain. Il ne serait cependant pas superflu de souligner fortement que ce pays, dont on met constamment en avant ses célèbres purges, interventions militaires et famines provoquées, ne s’est jamais livré à ce macabre exercice hors de sa zone d’influence, et jamais dans les proportions atteintes par les USA ; la famine provoquée en Irak, les trois millions de morts de la Guerre du Vietnam et les bombardements massifs de pays neutres comme le Cambodge ou le Laos n’en sont que quelques exemples.

Version

Ebook, Papier

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